Galeries & salons

Christopher Churcher, REDSEA Gallery (Février 2020)

L’art a un pouvoir sur nous différent de celui de toute autre entreprise humaine – il a la capacité de produire une variété d’émotions qui nous est propre et qu’aucune autre activité ne peut comparablement offrir. Le spectateur peut s’esclaffer de rire, être ému jusqu’aux larmes, être réconforté par l’aspect familier de ce qu’il voit, défié par ce qui est suggéré ou bien déstabilisé par les intentions de l’artiste. Quelles que soient les formes innombrables qu’il puisse prendre, l’art garde toujours sa force évocatrice.

Nos émotions n’existent pas dans le monde physique tels un arbre ou un rocher. L’art est le point de départ qui nous permet de les explorer. L’art et les émotions ont une relation symbiotique. L’acte artistique vient du désir propre à l’artiste de libérer son besoin physique de créer et d’améliorer son bien-être émotionnel qui éclot quand il plonge dans le processus de création.

Avec l’art, chacun interagit à sa manière. Peu importe comment il nous touche, nous ressentons toujours son influence quand nous avons l’occasion de le contempler. Les réactions émotionnelles à la création artistique les plus fortes dont j’ai pu être le témoin, résultaient du travail de Valérie Goutard. Jamais au paravent, je n’ai croisé une œuvre qui provoquait si puissamment un tel émoi intérieur. Val possédait la capacité de créer des sculptures qui, bien sûr, reflétaient d’abord ses réflexions intimes mais tout en permettant au contemplateur d’interpréter celles-ci librement et sans entrave créant ainsi une communion intime entre l’œuvre et son observateur. J’ai fait ce constat de si nombreuses fois; j’ai vu des gens si émus face à l’œuvre de Val que j’en ai moi-même été profondément bouleversé. [ + ]

Philippe Staib, Philippe Staib Gallery (Février 2020)

Un ange vient de passer dans le monde de l’art (1967-2016)

VAL

Encore aujourd’hui le 11 novembre 2016 à Art Taipei  peu de jours après son départ plusieurs personnes qui ne connaissaient pas l’œuvre de VAL se sont arrêtées et ont demandés des pièces de cette artiste qui a réalisé trois des œuvres présentées. Rien n’avait motivé leur visite  juste leur œil s’était arrêté.

Ce phénomène constaté depuis dix ans est unique dans l’histoire de la sculpture contemporaine et c’est là-dessus qu’il faut s’arrêter en premier pour bien comprendre l’unique positionnement de VAL dans le monde de l’art. Pour l’habitué des foires d’art que je suis devenu je n’ai jamais rencontré de phénomène équivalent. Jamais un artiste vivant n’a, de nos jours, généré un tel  « consensus spontané de l’œil ».

Je ne peux le comparer qu’a Picasso lorsque l’une de ses œuvres est présente les yeux s’arrêtent parce que l’on a reconnu un Picasso du Picasso sur lequel on a tant lu et vu.  [ + ]

French sculptor Val - Valérie Goutard - with Wellington Gallery with Sculptureval

“Tenth eonian initiative” à la Wellington Gallery en Novembre 2019

John Truong, Wellington Gallery (Juillet 2018)

Le génie imaginatif de Val était profond … on peut le voir et le sentir dans toutes les œuvres qu’elle a réalisées.

La Galerie Wellington a eu la chance et la joie de travailler avec Val depuis de nombreuses années. Dans toutes ses sculptures, ses mains et son esprit travaillaient à l’unisson pour créer ou provoquer un sentiment ou une émotion dans l’œil du spectateur.

Son thème récurrent était un personnage solitaire ou un groupe d’individus placés dans un paysage urbain minimaliste. Réduites à l’essentiel, ces œuvres d’une simplicité trompeuse représentent un univers d’une profondeur et d’une complexité émotionnelles si intenses qu’elles peuvent être presque écrasantes.

Elle avait le don et la rare capacité de saisir, dans un instant éphémère, l’essence des émotions telles que l’amour, la solitude, le désir, le désespoir et la joie. Il est paradoxal que ses sculptures véhiculent tout à la fois le mouvement et le calme en un même instant.

Son expression éclatante si juste de la condition humaine provenait d’une irrépressible impulsion créative qui ne pouvait être niée. Elle était habitée par le désir de communiquer avec les autres par son art.

Durant mes conversations avec elle, j’ai toujours perçu la conscience d’une artiste pour qui le moment même le plus bref ne devait surtout pas être perdu – elle travaillait généralement sur au moins quatre à cinq pièces en même temps :

« Pour moi, le travail est le fruit d’une vie régulière. Je veux pouvoir me réveiller le matin et me mettre directement à la tâche … la sculpture est là où je l’ai laissée pour quelque temps dans un coin. Cela pouvait prendre des semaines voir même des mois avant que j’y revienne. Pendant que je travaille sur autre chose, il arrive assez souvent que soudainement une solution se présente. J’arrête alors ce que je fais et je reviens à l’œuvre; et c’est fait. »  [ + ]

S.A.C. Gallery par Linjie Zhou (Février 2021)

Le pendant de la vie est le vide qui la remplace, la mort venant encadrer et définir ce qu’elle est. La conscience de notre mortalité est ce qui donne tout sens à notre destin, faisant partie intégrante de la « grande aventure en devenir ». Ainsi commence la pensée du poète et académicien franco-chinois François Cheng dans son essai daté de 2013 sur la fin de la vie « Cinq méditations sur la mort : en d’autres termes … sur la vie ».

Cet essai a été retenu comme ayant largement inspiré la très regrettée et mondialement reconnue artiste Valérie Goutard (Val), établissant un lien fort avec la dimension humaniste de son travail. La SAC Gallery présente une exposition rétrospective en mémoire de la défunte artiste Val et en hommage à son œuvre. Cette démarche curative met en lumière l’essence de la vie et de la carrière de Val à travers une sélection de ses sculptures créées entre 2007 et 2016.
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S.A.C.-(Reflection-of-Infinity)

“The Reflection of Infinity” à la S.A.C. Gallery par Linjie Zhou en Février 2021